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Rimbaud le Mystique

 
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Teiwas
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MessagePosté le: 31/03/2008 03:47:31    Sujet du message: Rimbaud le Mystique Répondre en citant

Tout le monde connait et parle de Rimbaud le poète, mais bien peu parlent de Rimbaud le mystique, de sa vaine tentative pour fuir cette voix qui le sollicitait et qu'il ne voulait pas reconnaitre.
Dans les quelques pages de la Saison en enfer, il a essayé de nous faire voir ce qui est vraiment une alchimie, la transmutation, une décantation spirituelle. Connaissez vous ce Rimbaud?


GénieIl est l’affection et le présent puisqu’il a fait la maison ouverte à l’hiver écumeux et à la rumeur de l’été—lui qui a purifié les boissons et les aliments—lui qu’est le charme des lieux fuyant et le délice surhumain des stations.—Il est l’affection et l’avenir, la force et l’amour que nous, debout dans les rages et les ennuis, nous voyons passer dans le ciel de tempête et les drapeaux d’extase.Il est l’amour, mesure parfaite et réinventée, raison merveilleuse et imprévue, et l’éternité: machine aimée des qualités fatales. Nous avons tous eu l’épouvante de sa concession et de la nétre: o jouissance de notre santé, élan de nos facultés, affection égoïste et passion pour lui,—lui qui nous aime pour sa vie infinie…Et nous nous le rappelons et il voyage…Et si l’Adoration s’en va, sonne, sa Promesse, sonne: "Arrière ces superstitions, ces anciens corps, ces ménages et ces ages. C’est cette époque-ci qui a sombré!"
Il ne s’en ira pas, il ne redescendra pas d’un ciel, il n’accomplira pas la rédemption des colères de femmes et des gaîtés des hommes et de tout ce péché: car c’est fait, lui étant, et étant aimé.
O ses souffles, ses têtes, ses courses; la terrible célérité de la perfection des formes et de l’action.
O fécondité de l’esprit et immensité de l’univers!
Son corps! Le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisée de violence nouvelle!
Sa vue, sa vue! tous les agenouillages anciens et les peines relevés à sa suite.
Son jour! l’abolition de toutes souffrances sonores et mouvantes dans la musique plus intense.
Son pas! les migrations plus énormes que les anciennes invasions.
O Lui et nous! l’orgueil plus bienveillant que les charités perdues.
O monde!—et le chant clair des malheurs nouveaux!
Il nous a connu tous et nous a tous aimé, sachons, cette nuit d’hiver, de cap en cap, du pôle tumultueux au château, de la foule à la plage, de regards en regards, forces et sentiments las, le héler et le voir, et le renvoyer, et sous les marées et au haut des déserts de neige, suivre ses vues,—ses souffles—son corps,—son jour.




GenieHe is affection and the present moment because he has thrown open the house to the snow foam of winter and to the noises of summer—he who purified drinking water and food—who is the enchantment fleeing places and the superhuman delight of resting places.—He is affection and future, the strength and love which we, erect in rage and boredom, see pass by in the sky of storms and the flags of ecstasy.He is love, perfect and reinvented measure, miraculous, unforeseen reason, and eternity: machine loved for its qualities of fate. We have all known the terror of his concession and ours: delight in our health, power of our faculties, selfish affection and passion for him,—he who loves us because his life is infinity…And we recall him and he sets forth…And if Adoration moves, rings, his Promise, rings: "Down with these superstitions, these other bodies, these couples and ages. This is the time which has gone under!"
He will not go away, he will not come down again from some heaven, he will not redeem the anger of women, the laughter of men, or all that sin: for it is done now, since he is and since he is loved.
His breathing, his heads, his racings; the terrifying swiftness of form and action when they are perfect.
Fertility of the mind and vastness of the world!
His body! the dreamed-of liberation, the collapse of grace joined with new violence!
All that he sees! all the ancient kneelings and the penalties canceled as he passes by.
His day! the abolition of all noisy and restless suffering within more intense music.
His step! migrations more tremendous than early invasions.
O He and I! pride more benevolent than lost charity.
O world!—and the limpid song of new woe!
He knew us all and loved us, may we, this winter night, from cape to cape, from the noisy pole to the castle, from the crowd to the beach, from vision to vision, our strength and our feelings tired, hail him and see him and send him away, and under tides and on the summit of snow deserts follow his eyes,—his breathing—his body,—his day.






Les Illuminations
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Qui vit en paix avec lui-même vit en paix avec l'univers.Marc-Aurèle
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MessagePosté le: 31/03/2008 03:47:31    Sujet du message: Publicité

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Raphaël
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MessagePosté le: 31/03/2008 11:56:02    Sujet du message: Rimbaud le Mystique Répondre en citant

Waouh !

Voilà qui devrait plaire à notre ami Quan Yang !

super
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"Seul est grand celui qui transforme la voix du vent en un chant que son propre amour aura rendu plus doux." [Khalil Gibran]
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Teiwas
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MessagePosté le: 31/03/2008 12:16:20    Sujet du message: Rimbaud le Mystique Répondre en citant

danse C'est justement en pensant à lui que mon ange m'a murmuré:" te souviens -tu Kangaroo , de http://www.evene.fr/forum/discussion.php?id_discussion=3420 , cette discussion que tu avais lancée "
Il me connait mon ange , il sait que j'ai plus d'un nom dans ma poche ... et que l'on renait toujours de ses cendres please
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Teiwas
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MessagePosté le: 25/04/2008 06:00:29    Sujet du message: Rimbaud le Mystique Répondre en citant


Premières communionsI

Vraiment, c'est bête, ces églises des villages
Où quinze laids marmots encrassant les piliers
Écoutent, grasseyant les divins babillages ;
Un noir grotesque dont fermentent les souliers :
Mais le soleil éveille à travers les feuillages
Les vieilles couleurs des vitraux irréguliers.

La pierre sent toujours la terre maternelle.
Vous verrez des monceaux de ces cailloux terreux
Dans la campagne en rut qui frémit solennelle
Portant près des blés lourds, dans les sentiers ocreux,
Ces arbrisseaux brûlés où bleuit la prunelle,
Des noeuds de mûriers noirs et de rosiers fuireux.

Tous les cent ans, on rend ces granges respectables
Par un badigeon d'eau bleue et de lait caillé :
Si des mysticités grotesques sont notables
Près de la Notre-Dame ou du Saint empaillé,
Des mouches sentant bon l'auberge et les étables
Se gorgent de cire au plancher ensoleillé.

L'enfant se doit surtout à la maison, famille
Des soins naïfs, des bons travaux abrutissants ;
Ils sortent, oubliant que la peau leur fourmille
Où le Prêtre du Christ plaqua ses doigts puissants.
On paie au Prêtre un toit ombré d'une charmille
Pour qu'il laisse au soleil tous ces fronts brunissants.

Le premier habit noir, le plus beau jour de tartes,
Sous le Napoléon ou le Petit Tambour
Quelque enluminure où les Josephs et les Marthes
Tirent la langue avec un excessif amour
Et qui joindront, aux jours de science, deux cartes,
Ces deux seuls souvenirs lui reste du grand Jour.

Les filles vont toujours à l'église, contentes
De s'entendre appeler garces par les garçons
Qui font du genre après messe ou vêpres chantantes.
Eux qui sont destinés au chic des garnisons
Ils narguent au café les maisons importantes
Blousés neuf, et gueulant d'effroyables chansons.

Cependant le Curé choisit pour les enfances
Des dessins ; dans son dos, les vêpres dites, quand
L'air s'emplit du lointain nasillement des danses,
Il se sent, en dépit des célestes défenses,
Les doigts de pied ravis et le mollet marquant...
- La nuit vient, noir pirate aux cieux d'or débarquant.


II

Le prêtre a distingué, parmi les catéchistes,
Congrégés des Faubourgs ou des Riches Quartiers,
Cette petite fille inconnue, aux yeux tristes,
Front jaune. Les parents semblent de doux portiers.
"Au grand Jour, le marquant parmi les Catéchistes,
Dieu fera sur ce front neiger ses bénitiers."


III

La veille du grand Jour, l'enfant se fait malade.
Mieux qu'à l'Eglise haute aux funèbres rumeurs,
D'abord le frisson vient, - le lit n'étant pas fade -
Un frisson surhumain qui retourne : "Je meurs..."

Et, comme un vol d'amour fait à ses soeurs stupides,
Elle compte, abattue et les mains sur son coeur,
Les Anges, les Jésus et ses Vierges nitides
Et, calmement, son âme a bu tout son vainqueur.

Adonaï !... - Dans les terminaisons latines,
Des cieux moirés de vert baignent les Fronts vermeils
Et tachés du sang pur des célestes poitrines
De grands linges neigeux tombent sur les soleils !

- Pour ses virginités présentes et futures
Elle mord aux fraîcheurs de ta Rémission,
Mais plus que les lys d'eau, plus que les confitures
Tes pardons sont glacés, ô Reine de Sion !


IV

Puis la Vierge n'est plus que la vierge du livre.
Les mystiques élans se cassent quelquefois...
Et vient la pauvreté des images, que cuivre
L'ennui, l'enluminure atroce et les vieux bois ;

Des curiosités vaguement impudiques
Épouvantent le rêve aux chastes bleuités
Qui s'est surpris autour des célestes tuniques,
Du linge dont Jésus voile ses nudités.

Elle veut, elle veut, pourtant, l'âme en détresse,
Le front dans l'oreiller creusé par les cris sourds,
Prolonger les éclairs suprêmes de tendresse,
Et bave... - L'ombre emplit les maisons et les cours.

Et l'enfant ne peut plus. Elle s'agite, cambre
Les reins et d'une main ouvre le rideau bleu
Pour amener un peu la fraîcheur de la chambre
Sous le drap, vers son ventre et sa poitrine en feu...


V

À son réveil, - minuit, - la fenêtre était blanche.
Devant le sommeil bleu des rideaux illunés,
La vision la prit des candeurs du dimanche ;
Elle avait rêvé rouge. Elle saigna du nez

Et se sentant bien chaste et pleine de faiblesse
Pour savourer en Dieu son amour revenant
Elle eut soif de la nuit où s'exalte et s'abaisse
Le coeur, sous l'oeil des cieux doux, en les devinant ;

De la nuit, Vierge-Mère impalpable, qui baigne
Tous les jeunes émois de ses silences gris,
Elle eut soif de la nuit forte où le coeur qui saigne
Écoule sans témoin sa révolte sans cris.

Et faisant la victime et la petite épouse,
Son étoile la vit, une chandelle aux doigts
Descendre dans la cour où séchait une blouse,
Spectre blanc, et lever les spectres noirs des toits.


VI

Elle passa sa nuit sainte dans des latrines.
Vers la chandelle, aux trous du toit coulait l'air blanc,
Et quelque vigne folle aux noirceurs purpurines,
En deçà d'une cour voisine s'écroulant.

La lucarne faisait un coeur de lueur vive
Dans la cour où les cieux bas plaquaient d'ors vermeils
Les vitres ; les pavés puant l'eau de lessive
Souffraient l'ombre des murs bondés de noirs sommeils.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .


VII

Qui dira ces langueurs et ces pitiés immondes,
Et ce qu'il lui viendra de haine, ô sales fous
Dont le travail divin déforme encor les mondes,
Quand la lèpre à la fin mangera ce corps doux ?

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .


VIII

Et quand, ayant rentré tous ses noeuds d'hystéries,
Elle verra, sous les tristesses du bonheur,
L'amant rêver au blanc million des Maries,
Au matin de la nuit d'amour, avec douleur :

"Sais-tu que je t'ai fait mourir ? J'ai pris ta bouche,
Ton coeur, tout ce qu'on a, tout ce que vous avez ;
Et moi, je suis malade : Oh ! je veux qu'on me couche
Parmi les Morts des eaux nocturnes abreuvés !

"J'étais bien jeune, et Christ a souillé mes haleines.
Il me bonda jusqu'à la gorge de dégoûts !
Tu baisais mes cheveux profonds comme les laines,
Et je me laissais faire... ah ! va, c'est bon pour vous,

"Hommes ! qui songez peu que la plus amoureuse
Est, sous sa conscience aux ignobles terreurs,
La plus prostituée et la plus douloureuse,
Et que tous nos élans vers vous sont des erreurs !

"Car ma Communion première est bien passée.
Tes baisers, je ne puis jamais les avoir sus :
Et mon coeur et ma chair par ta chair embrassée
Fourmillent du baiser putride de Jésus !"


IX

Alors l'âme pourrie et l'âme désolée
Sentiront ruisseler tes malédictions.
- Ils auront couché sur ta Haine inviolée,
Échappés, pour la mort, des justes passions.

Christ ! ô Christ, éternel voleur des énergies,
Dieu qui pour deux mille ans vouas à ta pâleur,
Cloués au sol, de honte et de céphalalgies,
Ou renversés les fronts des femmes de douleur.


Juillet 1871.
- Texte de la copie de Verlaine (Blibliothèque Nationale, ancienne collection Barthou).
- Il existe une autre copie de Verlaine (Bibliothèque littéraire Jacques Doucet) avec des variantes, publiée dans La Vogue n° 1, 15 avril 1886.

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MessagePosté le: 25/04/2008 10:50:58    Sujet du message: Rimbaud le Mystique Répondre en citant

Et bah dis donc ! Il n'y va pas avec le dos de la main morte !!!
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MessagePosté le: 25/04/2008 11:13:53    Sujet du message: Rimbaud le Mystique Répondre en citant

Il exprime sa révolte envers le Christianisme qui dénie la sexualité aux femmes furie et insiste sur la chasteté Mr. Green
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MessagePosté le: 26/04/2008 05:27:46    Sujet du message: Rimbaud le Mystique Répondre en citant

Citation:
Arthur Rimbaud fut un Mystique à l'état sauvage, une source perdue, qui ressort d'un sol saturé.Sa vie, un malentendu,la tentative en vain par la fuite d'échapper à cette voix qui le sollicite et le relance et qu'il ne veut pas reconnaître: jusqu'à ce qu'enfin,réduit, la jambe tranchée,sur ce lit d'hôpital à Marseille, il sache:
" Le Bonheur! Sa dent,douce à la mort,m'avertissait au chant du coq -ad matutinum, au Christus venit-, dans les plus sombres villes." - " Nous ne sommes pas au monde"! - Par l'esprit on va à Dieu!....C'est cette minute d'éveil qui m'a donné la vision de la pureté....Si j'étais bien éveillé à partir de cette minute-ci..." (et tout le passage célèbre de la Saison en Enfer)..."Déchirante infortune!"

Texte de Paul Claudel, qui à dix-huit ans, découvre Rimbaud, qui exerce sur lui une action « séminale et paternelle », et lui donne pour la première fois « l’impression vivante et presque physique du surnaturel » clind
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MessagePosté le: 04/12/2016 14:12:44    Sujet du message: Rimbaud le Mystique

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