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La notion du péché dans le Judaisme

 
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Teiwas
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MessagePosté le: 18/10/2007 14:05:12    Sujet du message: La notion du péché dans le Judaisme Répondre en citant

Raphaël a écrit:

Citation:
Teiwas, j'ai entendu parler un Rabbin l'autre jour à la radio sur la notion de péché (c'était juste avant yom kippour) ; si j'ai bien compris, il exprimait que dans la Torah, la notion de péché est amenée différemment de notre conception teintée de catholiscisme post-médiéval. Selon ses paroles, j'ai compris que dans le judaïsme chacun est responsable du péché collectif de l'humanité (ou en tout cas de la communauté juive), que le péché ne pèse pas comme une culpabilité sur chaque croyant, mais sur l'ensemble de la communauté, comme le partage d'une faute ancestrale qu'il faut purger collectivement (ou "un pour tous et tous pour un", comme dirait l'autre...)

Peux-tu nous en dire plus sur cette idée ? Et sur la fête de Yom kippour ?

Pour pouvoir comprendre je pense qu'il est n"cessaire de voir le Judaisme en entier et non pas seulement pour une part.


Ce qui suit est une explication de ce que j’ai appris en étudiant la Kabbale et en essayant de la vivre de mon mieux
1er point. L’homme ne doit pas chercher la foi ou essayer de développer sa spiritualité, il doit comprendre et accepter que tout est UN
2ème point. L’humain doit se remettre continuellement en question. Un processus sans fin de contrition, de regrets (appelé Techouvah) qui questionne son évolution.

La Techouvah, revêt deux significations
La première explique qu’avant même d’avoir été créé, l’homme a été doté de la
possibilité de changer le cours de sa vie. Elle, constitue, dans un certain sens, l’expression la plus haute de la liberté humaine et comme une sorte de concrétisation humaine du divin... Elle démontre à l’homme qu’il peut se libérer de son passé, et donc de la causalité qui le conduit sur un chemin sans retour. OU une faute, entraîne une autre faute.

La Techouvah permet, aussi de briser l’immuabilité du déterminisme.

Le second aspect, tout aussi universel c’est qu’elle donne à l’homme la maîtrise des
mouvements dans toutes les dimensions de son existence, et particulièrement dans celle du temps….autrement le temps serait linéaire et irréversible sans la possibilité de pouvoir revenir en arrière pour changer un événement, le passé étant statique, on peut changer l’incidence de ce passé sur le présent et sur le futur. La Techouvah permet donc d’être au-delà du temps et des relations de causes à effet...
Techouvah, signifie, se retourner, se détourner d’une orientation de vie pour en choisir une autre. Elle est retour….Le Retour à soi même. (Dieu à dit à Abraham : "vas vers-toi "

3ème point La lumière circulant à travers tous les mondes, avant d’entreprendre chaque action, il faut diriger son intention. (C’est l’intention qui compte)Être prêt à s’investir totalement dans ce que l’on fait. Le « ici et maintenant » et non pas le "plus loin et demain "

Baal haarot : loi de l’évolution : L’évolution de la création tendue vers un « toujours plus haut ». Tension infinie vers un plus profond et vers un plus haut.
La foi en un perfectionnement de l’humain. Retour vers le « sans commencement », source de toute vie.
Le monde s’élève de plus en plus. Acquiert sans cesse de nouveaux biens, les ajoute aux
premiers et les organisent en unités pleines de force et de splendeur.
.
La réalité progresse, se renouvelle, se rapprochant de la Lumière.
Ce processus d’élévation est infini car il dévoile la force de la volonté divine dans l’univers.

4ème point L’homme doit rester joyeux et optimiste car tout est énergie, petits ou grands choses ou êtres, tout est animé par une étincelle de Lumière et c’est donc un ensemble de vibrations qui maintient notre monde en existence.
Chaque créature, de la plus petite à la plus grande, est animée par une étincelle de
La grandeur de l’homme réside dans le fait qu’il est capable de sentir ces énergies, de les
maintenir, les changer et les orienter.
C’est au travers de ses pensées (outil) que l’homme trouve la maîtrise de l’énergie vitale.
Orienter ses pensées dans la bonne direction : Kavana (pluriel kavanot)

L’homme ayant la possibilité de modifier ses vibrations intérieures, physiques
et psychologiques, peut modifier les vibrations de son corps, de son esprit, et de son âme âmepar ses pensées. (Le pouvoir du cerveau humain)


Les trois étapes fondamentales du processus de la Création :
La première étape fut un repli. D.ieu se retira de « lui-même en lui-même »., et par cet acte, abandonna au vide une place en son sein. Créa un espace pour le monde à venir. Cette étae se nomme : Tsimtsoum : en français sera traduit par retrait.
Au sein de la lumière de l’En-Sof (Infini) l’essence divine (Lumière), s’éclipsa. Un espace vide au milieu resta. (Tehirou)
Dans ce vide primordial un faible résidu, une trace de la plénitude et de la Lumière
Divine resta . Nommée Rechimou.
La seconde étape du processus se nomme : la brisure des vases. En hébreu : Chevirat
Kelim.
Après le retrait (Tsimtsoum), la Lumière Divine jaillit dans l’espace vide sous forme d’un
rayon en ligne droite. Cette Lumière se nomme : « Adam Qadmon ». L’homme primordial.
Il n’est rien d’autre qu’une première fissure de la Lumière Divine qui vient de l’essence de l’En-Sof( Infini) dans l’espace de retrait (Tsimtsoum), appelé aussi « contraction » ou
« rétraction ».
Cette fissure, non pas de tous côtés, mais comme un rayon allant dans une direction.
Au départ les lumières émanées étaient équilibrées, homogènes.
Les lumières qui jaillirent des yeux de « l’homme primordial » émanaient selon un principe de séparation atomisée contenus dans des vases solides.
Lorsqu’elles émanèrent ensuite, leur impact se révéla trop fort pour les récipients, qui ne pouvant les contenir, éclatèrent.
La majeure partie de la lumière libérée remonta à la source supérieure. Un certain nombre
« d’étincelles demeurèrent collées au fragment des récipients brisé ».
Ces fragments ainsi que les « étincelles divines » tombèrent dans l’espace vide,donnant
naissance à un moment donné au domaine de l’Autre Côté (Qlipa). La brisure des vases
introduit un déplacement : Avant la brisure, chaque élément occupait une place adéquate et réservée. Avec la brisure, tout devint désorganisé. Imparfait. Toutes choses furent déplacées de leur propre place.( L’Exil) Un exil, qui n’est pas seulement celui du peuple d’Israël, contrairement à ce que beaucoup pensent, mais de la Présence Divine dans l’univers, dès son origine

La dernière et troisième phase du processus est la réparation… restauration…réintégration qui en hébreu se dit: le Tiqoun.

La « brisure des vases » requiert réparation. La Création du côté divin comme du côté de
l’humain doit entrer dans ce processus de réintégration.

Cette réparation doit ne pas s’effectuer d’elle-même, c’est bien à l’homme qu’incombe cette responsabilité de restauration. L’homme devient responsable de l’histoire de son monde....

L’homme est mi- bon , mi-mauvais. En d'autres termes, si nous mettions nos bonnes actions sur l'un des plateaux de la balance, et nos mauvaises sur l'autre, elles s'équilibreraient .Donc il est nécessaire de faire des efforts pour que le plateau des bonnes actions soient plus lourds que celui des mauvaises
Si nous considérons que le monde entier est lui aussi mi-bon, mi-mauvais, Il en résulte qu'une bonne action faite par nous, non seulement fera pencher le plateau de la balance en notre faveur, mais aussi contribuera à faire du monde entier un lieu où la vie sera meilleure.
Partant de là, le péché comme le voient les chrétiens n'existe...il y a faute ,erreur, mauvais jugement qui fait tomber l'équilibre de l'univers du mauvais côté.
Mais tout peut toujours être réparé, avec un repentir sincère et une meilleure action,
Mais comme c'est le monde qui doit être élévé et non pas l'individuel, le Judaisme donne à l'homme une responsabilité bien plus lourde à porter que la Christianité: Le Juif est le gardien de son frère, le chrétien ne pense qu'à sauver son âme
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Qui vit en paix avec lui-même vit en paix avec l'univers.Marc-Aurèle
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MessagePosté le: 18/10/2007 14:05:12    Sujet du message: Publicité

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Raphaël
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MessagePosté le: 20/10/2007 00:11:32    Sujet du message: La notion du péché dans le Judaisme Répondre en citant

Merci pour cette réponse ; elle apporte une génèse indispensable au sujet que nous présentons.

Tout en projection, j'y entends le Mystère que je vis et joue présentement :
 
Citation:
Les trois étapes fondamentales du processus de la Création :
La première étape fut un repli. D.ieu se retira de « lui-même en lui-même »., et par cet acte, abandonna au vide une place en son sein. Créa un espace pour le monde à venir. Cette étae se nomme : Tsimtsoum : en français sera traduit par retrait.
Au sein de la lumière de l’En-Sof (Infini) l’essence divine (Lumière), s’éclipsa. Un espace vide au milieu resta. (Tehirou)
Dans ce vide primordial un faible résidu, une trace de la plénitude et de la Lumière
Divine resta . Nommée Rechimou.
La seconde étape du processus se nomme : la brisure des vases. En hébreu : Chevirat
Kelim.
Après le retrait (Tsimtsoum), la Lumière Divine jaillit dans l’espace vide sous forme d’un
rayon en ligne droite. Cette Lumière se nomme : « Adam Qadmon ». L’homme primordial.
Il n’est rien d’autre qu’une première fissure de la Lumière Divine qui vient de l’essence de l’En-Sof( Infini) dans l’espace de retrait (Tsimtsoum), appelé aussi « contraction » ou
« rétraction ».
Cette fissure, non pas de tous côtés, mais comme un rayon allant dans une direction.
Au départ les lumières émanées étaient équilibrées, homogènes.
Les lumières qui jaillirent des yeux de « l’homme primordial » émanaient selon un principe de séparation atomisée contenus dans des vases solides.
Lorsqu’elles émanèrent ensuite, leur impact se révéla trop fort pour les récipients, qui ne pouvant les contenir, éclatèrent.
La majeure partie de la lumière libérée remonta à la source supérieure. Un certain nombre
« d’étincelles demeurèrent collées au fragment des récipients brisé ».
Ces fragments ainsi que les « étincelles divines » tombèrent dans l’espace vide,donnant
naissance à un moment donné au domaine de l’Autre Côté (Qlipa). La brisure des vases
introduit un déplacement : Avant la brisure, chaque élément occupait une place adéquate et réservée. Avec la brisure, tout devint désorganisé. Imparfait. Toutes choses furent déplacées de leur propre place.( L’Exil) Un exil, qui n’est pas seulement celui du peuple d’Israël, contrairement à ce que beaucoup pensent, mais de la Présence Divine dans l’univers, dès son origine
C'est tellement proche de l'accouchement...



Quant à ce qui nous questionne, à savoir l'appréhension (ou la préhenison) du péché dans le Judaïsme, le paragraphe suivant va dans le sens de ce que j'entendais à la radio :


 
Citation:
 La dernière et troisième phase du processus est la réparation… restauration…réintégration qui en hébreu se dit: le Tiqoun.

La « brisure des vases » requiert réparation. La Création du côté divin comme du côté de
l’humain doit entrer dans ce processus de réintégration.

Cette réparation doit ne pas s’effectuer d’elle-même, c’est bien à l’homme qu’incombe cette responsabilité de restauration. L’homme devient responsable de l’histoire de son monde....

L’homme est mi- bon , mi-mauvais. En d'autres termes, si nous mettions nos bonnes actions sur l'un des plateaux de la balance, et nos mauvaises sur l'autre, elles s'équilibreraient .Donc il est nécessaire de faire des efforts pour que le plateau des bonnes actions soient plus lourds que celui des mauvaises
Si nous considérons que le monde entier est lui aussi mi-bon, mi-mauvais, Il en résulte qu'une bonne action faite par nous, non seulement fera pencher le plateau de la balance en notre faveur, mais aussi contribuera à faire du monde entier un lieu où la vie sera meilleure.
Partant de là, le péché comme le voient les chrétiens n'existe...il y a faute ,erreur, mauvais jugement qui fait tomber l'équilibre de l'univers du mauvais côté.
Mais tout peut toujours être réparé, avec un repentir sincère et une meilleure action,
Mais comme c'est le monde qui doit être élévé et non pas l'individuel, le Judaisme donne à l'homme une responsabilité bien plus lourde à porter que la Christianité: Le Juif est le gardien de son frère, le chrétien ne pense qu'à sauver son âme

et c'est bien à partir de ces notions que je souhaiterais un développement.

Pour autant, j'ai lu avec attention et intérêt ce qui est de la "Techouvah" ; elle trouve une résonnance et des liens intenses avec de nombreuses "intonations", notamment avec le taoïsme, dont je me sens particulièrement proche.

J'aimerais être instruit de l'ampleur et de la portée du Yom Kippour : en relation avec la notion de PECHE, mais aussi de PARDON.

Merci mille fois, Teiwas

Bien à toi


Raphaël
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Teiwas
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MessagePosté le: 20/10/2007 03:56:35    Sujet du message: La notion du péché dans le Judaisme Répondre en citant

Alors continuons avec l'explication du Tiqoun Laughing


D’après le Rav Chalom Messas, les plaies d'Egypte référent chacune à la création du monde. (Le judaïsme ne donne ses clefs qu'à ceux qui les cherchent.)-
Le Rav voulait nous rappeler que la constitution du peuple juif lors de sa sortie d'Egypte concerne le tiqoun (l'amélioration) du monde qui est en pannes successives depuis sa Création
.
Il y a eu trois tentatives d'amélioration du monde qui avaient échoué, dans la génération du déluge, dans la génération de la Tour de Babel et de la dispersion.

L'homme et la Création commencent à réussir ce tiquoun avec la reprise de toute la Création en Egypte, cet empire le plus élevé et le plus puissant qui la symbolise, et c'est l'émergence de l'homme qui trouve les clefs vers la Torah révélée.

Ce même lien entre le projet global de la Création et de tout homme, est démontré avec une intensité grandiose dans l'amitié qui se lie entre Moise et Yitro ( beau-père de Moïse et prêtre midianite,qui rejoint les Hébreux avec sa fille Tzippora, épouse de Moïse et leurs deux fils:
Voyant Moïse s’épuiser à résoudre les problèmes de tous, il lui conseille de déléguer à un conseil de 70 parmi les Anciens d’Israël les problèmes personnels et de se réserver aux affaires plus importantes).

Une relation extraordinaire, dans les deux sens. Un respect au niveau le plus élevé possible, chez les deux partenaires. C'est cela qui reviendra entre les deux partenaires : le peuple juif et les non-Juifs.
Citation:
Celui qui a quelque connaissance du meilleur des religions et philosophies d'autres peuples (le Sanhédrine connaissait toutes les langues du monde et leur culture), en respecte la sagesse, la morale, en apprend, y voit une image de la beauté du Créateur comme le dit le Traité Sanhédrine en parlant de la beauté unique de chaque peuple.


Citation:
On peut lire encore dans le « Aboth de Rabbi Nathan : « d’où savons-nous qu’un seul être humain pèse aussi lourd que la création toute entière ? C’est par le verset de la Genèse qui dit : « Voici le livre de l’histoire de l’homme » Ce qui nous enseigne que l’histoire de l’humanité, c’est l’histoire d’un homme »
Rappelons l’opinion de Rabbi Akiba qui disait : « Tu aimeras pour ton prochain ce que tu aimes pour toi-même (Lev.XIX ) c’est là un grand principe, un principe fondamental de la Torah. Quant à Ben Azaï le principe de l’homme qui équivaut à toute la création est supérieur à celui de Rabbi Akiba. La controverse entre ces deux maîtres est importante. Pour Rabbi Akiba les relations avec le prochain sont commandées par l’idée de réciprocité, alors que Ben Azaï, lui fonde les relations de l’homme avec ses semblables sont fondées sur la fraternité d’origine : un seul homme est à l’origine de toute l’humanité. L’homme a été créé à l’image de Dieu. Le prochain rappelle le Créateur commun de l’univers.

Rappelons également que la Torah érige en mitsva l’obligation d’aimer l’étranger, c’est l’unique doctrine au monde qui instaure cette obligation. Les autres émettent des souhaits des vœux pour que la paix règne dans la société le Judaïsme lui, consigne dans la Loi l’obligation d’aimer et de protéger toutes les minorités . Cependant la doctrine juive exige la réciprocité. C’est dans ce sens que les Rabbins réunis par Napoléon ont répondu, à la question du prêt à intérêt. L’empereur demandait : « Est-il licite pour un Juif de prêter à intérêt à un autre Juif ? Il savait à l’avance que la réponse serait « non ». Est-il permis à un Juif de prêter à intérêt à un non-juif ?La réponse devait être « oui » . Or, les rabbins qui faisait partie du Grand Sanhédrin et qui étaient de grands savants, ont répondu par un long préambule et ont dit : Lorsque la Torah exige que je prête sans intérêt c’est que celui que j’ai en face de moi est mon frère et si j’étais moi dans le besoin il aurait envers moi la même obligation de me prêter avec générosité sans intérêt. La révolution française ayant fait de chaque juif un citoyen, c’est à dire le frère de tous les citoyens, il en résulte que le juif ne peut pas prêter à intérêt à tout citoyen.

Le respect de la vie n’est lié ni à une appartenance religieuse, ni à une communauté ethnique ou nationale. Il est exigé par référence à l’image de D. qui existe en chaque homme.
Rav Haïm Harboun

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Teiwas
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MessagePosté le: 20/10/2007 10:32:08    Sujet du message: La notion du péché dans le Judaisme Répondre en citant

. Le péché, la sainteté et l'amélioration.
Cette conjonction repose sur la conception particulière du péché dans le judaïsme : l'homme ne pèche vraiment que si un vent de folie et d'égarement s'empare de lui. Maïmonide parle des 'holé hannefesh (les maladies de l'âme") .
Isaïe donne la description très précise de ce processus d'échec humain dans les attitudes qu'est le péché : ce dernier est basé sur l'incapacité à écouter, à entendre, à comprendre, mouvements internes qui concernent la psychologie et qui conduisent l'homme à ne pas pouvoir revenir à Dieu et à se modifier soi-même.

Le prophète indique les étapes à traverser pour y parvenir à nouveau : il ne suffit pas de se revêtir d'un style extérieur de sagesse, s'acheter les vêtements portés par les Sages. Il ne suffit pas non plus de pleurer et de demander grâce, il est indiqué que cela seul est inefficace .
Comme pour l'année jubilaire, ce qu'il faut c'est rentrer dans la possession de soi par ces étapes : écouter , entendre, comprendre. Nous pouvons synthétiser cette conception par le recours à l'image et l'instrument du chofar (corne dont on sonne dans les cérémonies de pénitence) pour parvenir à "être saints". Or le chofar est constitué de la racine linguistique qui signifie "amélioration" .
Si ce travail préalable sur soi n'est pas effectué, on ne parvient pas à quitter la tristesse, la mélancolie, la colère, l'anxiété et Dieu n'accorde pas la prophétie dans de tels états. L'arrêt de la prophétie se manifeste quand le prophète est sous l'emprise de la passion sexuelle , du meurtre , de la colère , du chagrin ou du souci ; on aboutit alors à cette fausse techouvah dont parle Jérémie qui est tournée contre les autres et qui les opprime. La prophétie ne réside que dans l'homme savant, fort et riche moralement.
Maïmonide le résume clairement : la techouvah, c'est se remettre en présence des conditions de notre désordre intérieur pour les surmonter. Etude sur la téchouva et Psychologie de l'homme de la téchouva
par Yehoshua Ra'hamim Dufour
http://www.modia.org/infos/etudes/techouva1.html



Pour parler du Yom Kippour, je cède la parola à un Juif Français qui le fera mieux que moi Laughing

Claude Vigée
Citation:
Kipour : la confiance dans l'abîme

Le Yom Kipour, fête des Expiations, Jour du Grand Pardon, ne nous propose pas une liturgie d'ordre magique, grâce à laquelle nous serions soudain délivrés comme par miracles de nos mauvaises actions, de nos manquements à l'égard de Dieu et d'autrui, ou de nos penchants criminels. Le pardon n'est pas gratuit. Il doit se mériter par un repentir sincère, sans lequel les cérémonies d'expiation ou de confession collectives rituelles resteraient une comédie dérisoire, frisant le blasphème. En effet, nous rappelle dans le Talmud au 3ème siècle, Rabbi Yohanan, pourtant célèbre pour sa bonté innée : "celui qui fait preuve de miséricorde envers le cruel (l'assassin), se conduira bientôt avec cruauté (comme un assassin) avec le miséricordieux." Si telle est la triste réalité humaine, pourquoi psalmodie-t-on néanmoins le livre biblique paradoxal de Jonas à la synagogue l'après-midi de Yom Kipour ? C'est parce que ce jour du retour sur soi-même a été institué également pour l'absolution possible des gens de Ninive, meurtriers, pécheurs endurcis, à condition qu'ils se repentent en acte comme en pensée. Il n'existe pas seulement pour les justes trop pieux d'Israël, respectueux de la Torah, comme le voudrait Jonas, le prophète bien-pensant que Dieu rappelle durement à l'ordre de sa charité infinie. Le Seigneur est prêt à sauver même les transgresseurs de Ninive, lui qui a délivré Jonas, rebelle à sa voix, du ventre de l'abîme : "Et tu feras remonter mes vies hors de la fosse de la corruption" (Jonas 2:7).

En effet, la contemplation morose du péché n'est pas un idéal moral en Israël. Il ne s'agit pas de cultiver notre sens morbide de la culpabilité mais de le guérir, en nous élevant progressivement, au cours de ces vingt-cinq heures de jeûne absolu, jusqu'à la paix de l'âme réconciliée par le moyen de la réparation intérieure. Car à Yom Kipour, à l'encontre de la fête du Nouvel an qui le précède, plutôt qu'au Créateur ou au monde entier, c'est à nous-mêmes seulement, et à notre prochain, que nous sommes confrontés. Selon la loi juive en vigueur, le pénitent de Kipour doit d'abord aller se réconcilier avec son prochain, blessé par ses actions ou ses paroles passées. Avant d'oser implorer pour soi-même l'absolution divine conditionnelle, il sollicitera jusqu'à trois fois le pardon de son semblable lésé, afin d'être tenu quitte des offenses commises à l'égard d'autrui. Dès la veille de Yom Kipour, aux yeux de Dieu et des hommes, placé une seconde fois dans la balance du jugement, l'individu doit se refaire à partir de ce qu'il est, sans tricher à l'excès, en se mettant à nu sous son propre regard.


Alphonse Lévy : Yom Kipour

Tel est bien le sens de la liturgie initiale, célébrée en public dès le coucher du soleil la veille du Grand Pardon. Elle commence par la triple cantilation du Qol Nidrei. Vestige probable de la résistance souterraine à l'Inquisition au long des siècles en occident, son intention est d'arracher les masques défigurants, plaqués su notre visage au cours de l'année écoulée. Autrement, comment retrouver ici-bas son intégrité première, rétablir enfin en soi la plénitude de son être originel, tel qu'il sortit intact des mains du Créateur le soir du Sixième jour ? Reprenant en chœur le Qol Nidrei, on répudie devant Dieu les vœux irréfléchis, frivoles ou cyniques dont on s'est prévalu, soit pour se justifier aux yeux des peuples hostiles, toujours prêts au pogrome, soit - plus simplement encore - pour se faufiler misérablement à travers l'existence quotidienne menacée, inquiète et précaire, du peuple juif en exil dans ce monde. Voilà que réapparaît enfin l'homme démuni, comme au lendemain de sa création. Jonas, d'abord infidèle à la volonté d'Elohim parce qu'il refuse sa mission prophétique contre Ninive, peut donc chanter, lui aussi, le Qol Nidrei, et "prier avec les transgresseurs", comme l'y autorise la sentence des "Tribunaux d'En-Haut et d'en-bas", proclamée en prélude au texte même du Qol Nidrei. Celui-ci nous bouleverse jusqu'au fond de l'être, car il réveille en nous la mémoire de toutes les affres subies dans les terres et les siècles de la Dispersion d'Israël.
Pour beaucoup de Juifs assimilés ou indifférents, qui ne mettent jamais les pieds à la synagogue au cours de l'année, le Qol Nidrei reste sacré, même s'ils quittent l'office du soir de Yom Kipour aussitôt après. Plutôt que "Juifs de Kipour" il faudrait les appeler "Juifs de Qol Nidrei". D'ailleurs la plupart d'entre eux viennent écouter religieusement cette mélopée ancestrale sans trop savoir pourquoi, vu leur ignorance totale de l'hébreu comme de l'araméen !.. Pourtant, même chez certains agnostiques, l'écoute du Qol Nidrei a joué un rôle déterminant dans la conversion de leur cœur, et le retour soudain vers leurs racines spirituelles. Souvenons-nous du cas du grand compositeur Arnold Schönberg, et surtout de celui du philosophe judéo-allemand Franz Rosenzweig qui était, dans sa jeunesse, au bord de l'apostasie et de sa conversion au christianisme environnant. Revenant boire ce soir-là, pour la dernière fois, à la source hébraïque originale de la Torah, tout-à-coup il a "refait son âme" : il est devenu le plus important philosophe juif de sa génération, parce qu'il a entendu cantiler in extremis le Qol Nidrei de ses pères à la synagogue de Berlin, la veille de son baptême. Cette brusque illumination imprévisible nous rappelle la révélation faite à Paul Claudel sous les voûtes du chœur de Notre-Dame de Paris vers 1886. C'est une expérience inattendue, foudroyante, une conversion au sens littéral du terme : le renversement total de l'être intérieur.
Dans une des plus belles prières de l'immense liturgie de Yom Kipour, le fidèle, mis en jugement devant le trône de gloire céleste, demande à être traité avec "ra'hamim", selon les normes de la bonté divine seule, plutôt qu'avec la rigueur qui caractériserait aussi le souverain juge et roi de l'univers qui l'a créé selon sa volonté. Or, dans l'esprit de la plupart des nations, le jugement de Dieu s'associe souvent à une sévérité implacable. Israël, au contraire, dit au Seigneur du monde : "Lève-toi du siège de la rigueur, et assieds-toi sur celui de la clémence, de la miséricorde gratuite ("'hessèd") !" La raison en est simple : sur le même trône siège un Dieu identique à lui-même, à la fois YHWH le miséricordieux, et Elohim le rigoureux. C'est justement parce qu'il est un "roi tout-puissant" qu'il est assis sur le trône de la tendresse et du pardon.
A la fin de Yom Kipour, l'assemblée de croyants proclame sept fois cette unité absolue qui règne au sein de la divine Présence. Avant l'ultime sonnerie du shofar, elle témoigne : " YHWH hou ha-Elohim" - "Le Seigneur de la bonté, c'est lui Dieu, le créateur, juge et roi du monde". Selon Maïmonide, inverser cet ordre-là constituerait le blasphème absolu, la négation même de la Torah.


Souvenirs ineffaçables de Yom Kipour à Jérusalem… :
Dès l'approche du soir de fête, la circulation intense s'arrête, comme par un coup de baguette magique. les voitures interdites cèdent la chaussée obscurcie à des bandes d'enfants qui dévalent les rues en pente de la ville sainte en bicyclette, en rollers ou en trottinettes. Jouant aux billes, à la marelle, sautant à la corde en pleine rue dans les quartiers anciens, désertés depuis une éternité par les bus et les autos des "jours de sable" profanes, petits garçons et fillettes en habits de fête peuplent seuls, tout au long de la journée de jeûne, la cité plongée, muette, dans la torpeur solaire du début de l'automne judéen. Parfois un vieillard couvert d'un talith, vêtu de sa tunique mortuaire blanche comme la robe des anges, et chaussé de simples sandales de tennis en toile, se glisse sans bruit vers l'entrée voûtée d'un oratoire familier d'où s'échappe confusément le bourdonnement de la prière interminable. Silence étouffé de la ville sous le jeûne, qui poursuit son rêve trimillénaire, dans l'aveuglement de l'après-midi torride. Chants et murmures assourdis entourent d'une lueur diffuse les maisons de prière aux fenêtres béantes.
Dans ma propre enfance, à Bischwiller en Alsace, les grands ancêtres enveloppés, eux aussi, dans de vastes châles de prière en laine clair rayée de noir, arrivaient tôt le matin à la synagogue de la rue des Menuisiers, engoncés dans une longue tunique de lin recouverte d'un surplis à dentelles étroit, tissé de fil immaculé, comme en portent sans nul doute les chérubins du Paradis. C'était leur kittel ou sarguenès (suaire), le vêtement traditionnel des défunts en Israël. Rien ne me surprenait autant, à dix ans, que la procession de ces vieux juifs en robes d'enterrement angéliques, qui s'avançaient à travers les ruelles encore vides de notre petite ville. Ils priaient ainsi dans notre modeste synagogue campagnarde, debout l'un à côté de l'autre, accoutrés dans le linceul qui les enserrerait bientôt pour l'éternité noire au fond de leur tombeau, là-bas, derrière le Saut-du-Lièvre, à la lisière de la forêt. En attendant la résurrection promise par le prophète Ezéchiel, il leur importait de jeûner sans faillir un seul instant. Mieux valait pour eux prier ici-bas avec ferveur en sarguenès, dans une langue sainte dont ils ne comprenaient que les profonds rythmes chtoniens, et les mélodies de toujours, mais pouvoir encore compter, grâce à Dieu, parmi les vivants de passage… S'ils ne saisissaient pas le sens obvie des versets hébreux, ils étaient profondément absorbés dans leur psalmodie ashkénaze séculaire, qui les ravissait en extase. Entre les hymnes chantés à tue-tête, la synagogue était remplie de murmures et de nasillements obscurs.

Hugo Elkan : Corem fallen - l'agenouillement
Au beau milieu du jour de Kipour, on célèbre le Moussaf, l'office "ajouté" à l'ordinaire quotidien, où l'assemblée rejoue la cérémonie centrale jadis instituée au Temple de Jérusalem, telle qu'elle est décrite dans tous ses détails par le Talmud. A cette heure-là, le Grand-Prêtre descendant d'Aaron, vêtu de ses ornements sacerdotaux, pénétrait seul dans le Saint des Saints du Temple pour y clamer à haute voix le Nom indicible du Dieu vivant, qu'entendait résonner à travers les parvis à ciel ouvert du vaste sanctuaire le peuple d'Israël, affamé tout entier, prosterné, le front contre la terre. Le rite qui m'a le plus marqué dès mon enfance, quand j'étais encore un jeune Bar-Mitsva en culottes courtes, avant la seconde guerre mondiale, à Bischwiller, c'était la quadruple prosternation de la communauté entière, en fin de matinée, juste avant le Moussaf de Kipour. On pratique aujourd'hui encore, comme jadis, en Alsace, une prostration de tout le corps, étendu sur les dalles de grès roux usées de la petite synagogue rurale d'autrefois.
La pâleur, les yeux cernés des suppliants assoiffés, affaiblis par un jeûne prolongé, aggravaient, si besoin en était, l'atmosphère étrange et dramatique du rite pénitentiel primitif; Même dans ma vieillesse, ce spectacle m'arrache parfois encore des larmes. Dans cette humiliation volontaire de tout un peuple, classes sociales confondues, chacun de nous, qui se croit si important à ses propres yeux, à ceux de ses proches, ou aux regards indifférents des étrangers, s'annule et se rabaisse au niveau de la poussière du sol dont il fut tiré, à laquelle il retournera en peu de temps.
Dans cet effacement de son respectable personnage mondain, il peut puiser paradoxalement une force extraordinaire. Celle-ci naît moins de la simple contrition, de la confession publique expiatoire, que du retour à l'unité inter-personnelle. Cette dernière scelle la réconciliation redevenue possible entre vivants de toute une communauté, souvent fissurée par des ambitions rivales, les jalousies, les haines, la vanité sans bornes de ses membres trop humains… A ce moment-là, les vieillards qui vont bientôt mourir, les jeunes hommes à peine mariés, les pères de famille dans la force de l'âge déjà bedonnants ou grisonnants, les enfants remuants et les dames noblement ensabbatées, là-haut, dans la galerie des femmes qui leur est réservée derrière les rideaux de dentelles, les humbles, les riches, les pauvres, tous s'inclinent et s'allongent jusqu'à terre, se rejoignant à travers les générations dans la suspension de leur moi séparé. Ainsi peut-ils retrouver le temps d'un éclair inoubliable leur âme incréée, qui échappe brièvement aux contingences dont elle restera prisonnière ici-bas le restant de leur vie terrestre.
La communauté originelle d'Israël lors de l'épiphanie au mont Sinaï s'est soudain reconstituée dans l'intériorité charnelle de chaque célébrant, une et vivante comme la première fois, peut-être… En même temps peut s'effectuer, dans la soumission illimitée de cet instant blanc, où nous devenons presque invisibles à nous-mêmes et aux autres, la communication intime avec la toute-puissance de la miséricorde divine, qui nous a pour ainsi dire projetés consentants vers le sol commun à tous les fils d'Adam. Sa bonté graciante est un moment rejointe dans notre propre abaissement.

Hugo Elkan : lecture de la Torah dans la synagogue à Yom Kipur
Dans la mesure où elle s'est soudain abolie dans la contemplation, sans temps ni figures, la conscience individuelle en état d'effacement oblatif réussit parfois à faire le grand bond intérieur, qui la délivre enfin de la pesanteur du monde présent où nous vivons notre existence entière. Alors se produit virtuellement en nous une sorte de nouvelle naissance. "Tit'hadeshou" (Soyez renouvelés), tel est le vœu que l'on adresse traditionnellement à ses proches et à ses amis, à la fin de la grande convocation religieuse d'automne. Souvent cette épreuve secrète a fait monter à mes yeux des pleurs irrépressibles : mais ce sont là de bonnes larmes, des larmes d'exaltation joyeuses, plutôt que celles, amères et stériles, qui naîtraient seulement de la rumination douloureuse du mal humain ou du remords éternel. Dans l'humilité retrouvée de cette expérience qui embrasse tout notre être, âme et chair liées, se révèle, à ceux qui l'écoutent et l'attendent, le rayonnement rédempteur de l'Aleph invisible. Ainsi toute âme humaine devient tout à coup un espace d'intimité ouverte, un humble réceptacle de la beauté du monde. J'ai connu, moi aussi, la joie de cette prosternation totale, à la fois descente et montée, précipitation sans arrière-pensée égocentrique, vers le lieu mental situé, au plus près de soi, dans l'extrême distance, le cœur de feu excentré par rapport à mon être que limite sa finitude de simple créature. Là, on est arrivé en même temps au plus lointain et au plus proche de soi-même. Sur la pierre usée du tréfonds, où le corps animé ne peut tomber plus bas, tant qu'on est encore dans le monde des vivants qui respirent et qui parlent, se situe le seul roc de la sûreté véritable : là est le lieu bienveillant de la toute-confiance.
L'homme restauré du Moussaf de Kipour s'enfonce volontairement au plus profond de son être. S'offrant dans cette nuit à la lumière secrète émanée de l'Aleph souterrain, il refuse, en se redressant, la résignation fatale. Touché au plus vif de soi par ce rayon tout intérieur, il sait que demain il se relèvera intact d'entre les morts-vivants de la terre, comme il est écrit à la fin des Lamentations du prophète Jérémie :
"Fais-nous revenir vers toi, et nous retournerons. Renouvelle nos jours comme à l'aube du monde !" (Lamentations 4:21).
A Jérusalem la lumière semble jaillir de la pierre des murailles elle-même. L'air feuilleté vibre de chaleur, comme les couches superposées du mica. Au cœur vacant des choses, le silence bat lentement, traversé par un frémissement secret, dans l'attente d'un événement inouï.
En sortant à la mi-journée de l'office de Moussaf, je connais soudain, avec un éblouissement de tout mon corps, cette joie dans le tremblement qu'évoque le Psaume 2 (11-12). Après l'ultime prosternation rituelle, et cette marche solitaire en plein soleil de deux heures dans la rue Radak dépeuplée, dans cet entre-temps indicible, je me sens comblé d'un savoir nouveau et durable. Une énergie-mère m'envahit, qui dépasse en l'engendrant peut-être, toute mon existence future. J'éprouve dans mon esprit et dans ma chair le flux qui les emporte au-delà. Au bout de notre rue étroite, les roses de septembre sont toujours en fleur sur la petite place blanche et muette. Leur feu m'accueille dans ce court passage mortel, au-delà de tout entendement.
Claude Vigée
Jérusalem 2000 - Paris 2003
© : A . S . I . J . A.

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Qui vit en paix avec lui-même vit en paix avec l'univers.Marc-Aurèle
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MessagePosté le: 04/12/2016 03:57:24    Sujet du message: La notion du péché dans le Judaisme

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